Retraite: le feuilleton continue…et continuera

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Un problème récurrent

Les retraites sont un problème récurrent depuis quelques décennies déjà. L’inversion des courbes démographiques, et le fameux renversement de la pyramide des âges qu’elle a induit, est directement responsable de la situation critique que nous vivons. Cette situation ne cesse de s’aggraver malgré les nombreuses réformes successives, ainsi qu’est obligé de le reconnaître le gouvernement lui-même. Les projections sont pessimistes : on prévoit un déficit de 20,7 milliards d’euros en 2020, et 27 milliards en 2040. Il était donc temps d’agir.

Et les caisses de retraites complémentaires ?

L’urgence était d’autant plus grande que les caisses de retraites complémentaires, après avoir longtemps été excédentaires, sont devenues très fortement déficitaires depuis 2010 (3 milliards d’euros pour 2014). Or, sachant que l’ARRCO et l’AGIRC assurent 30 à 70 % des pensions touchées par les salariés du privé, on mesure la gravité de la situation.

Quand le dispositif censé sauver nos retraites menace lui-même de s’effondrer, il n’est plus temps de palabrer sur ce qui pourrait sauver ou non notre régime franco-français de retraite par répartition. Il faut agir. Et vite. C’est la raison qui a poussé patrons et syndicats a trouvé un accord vendredi dernier (le 16/10) pour sauver les complémentaires retraites.

La réforme en perspective

  • Trois points font saillis dans les accords syndico-patronaux :
    1.    La fusion AGIRC-ARCCO, prévue pour l’année 2019
    2.    Des cotisations patronales en hausse
    3.    Une augmentation de l’âge de la retraite à taux plein
  • On peut noter aussi, dans les propositions retenues, un système de bonus-malus destiné à moduler l’âge de départ effectif à la retraite, une désindexation des pensions (-1 point par rapport à l’inflation pendant trois ans), une revalorisation des pensions désormais effective seulement au 1er novembre de chaque année (au lieu d’avril) et, enfin, une hausse du prix d’achat des points de retraite complémentaire.

Les effets de la future réforme

Cette nouvelle réforme en perspective concerne les 10, 7 millions de salariés qui cotisent à ces deux caisses de retraites complémentaires. Seuls les retraités les plus modestes (ceux qui ne sont redevables de la CSG) passeront, pour partie, entre les mailles du filet. Il est en effet prévu qu’ils ne soient pas touchés par ces décotes. Mais les perspectives restent maussades : les deux régimes fusionnés perdraient vraisemblablement encore 5 milliards d’euros en 2017.  Le déficit se stabiliserait autour des 2 et 4 milliards d’euros/an pour la décennie 2020-2030. Pas de quoi pousser un cocorico. Le coq français est décidément à bout de souffle. Et ce sont encore les français les plus actifs qui devront régler la facture liée aux soins palliatifs.

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